
Isabelle La Jeunesse est Maître de Conférences en Géographie et est rattachée à l’équipe IPAPE de l’UMR CNRS 7324 - CItés, TERritoires, Environnement, Sociétés (CITERES). Elle étudie le transfert des nutriments et pesticides dans les bassins versants ainsi que les rivalités d’usages de l’eau. Elle nous fait part de son implication dans le projet collaboratif européen CLIMB (FP7- programme Environnement associé aux SHS).
- Pourriez- vous nous dire quelques mots sur votre parcours dans le monde de la recherche ?
En 2001 j’ai soutenu à l’Université d’Orléans une thèse financée par l’Ifremer sur l’anthropisation du cycle biogéochimique du phosphore dans un système bassin versant – lagune méditerranéenne (http://archimer.ifremer.fr/doc/00069/18022/). J’ai ensuite réalisé un post-doc de 2 ans à l’Université Catholique de Louvain en Belgique en tant qu’assistante de recherche pour le projet européen MULINO (FP6 - http://siti.feem.it/mulino/) au cours duquel a été développé un logiciel d’aide à la décision pour l’implémentation de la directive cadre sur l’eau. Recrutée en 2003 à l’Université d’Angers, je viens d’intégrer le département de géographie et l’équipe IPAPE de l’UMR Citeres à l'Université de Tours.
– Pouvez-vous nous parler un peu plus en détail du projet européen CLIMB ?
Le projet CLIMB rassemble 19 partenaires couvrant géographiquement 4 pays membres de l’UE (Allemagne, Italie, France, Autriche), 4 pays ciblés (Turquie, Tunisie, Egypte, Territoires Palestiniens) et un pays tiers (Canada). Il existe aujourd’hui un consensus scientifique sur l’importance des changements hydrologiques en cours suite au réchauffement climatique en région méditerranéenne. Toutefois, l’information sur la quantification effective de ces changements fait défaut. Le projet CLIMB vise à réduire les incertitudes des modèles climatiques, hydrologiques et socio-économiques par l’implémentation d’un outil d’analyse intégrée des risques sur 7 sites d’étude. L’Université de Tours coordonne un workpackage et un site d’étude.
– Qu’est ce qui vous a amené à faire partie d’un projet européen ?
C’est précisément les contacts que j’avais noués lors de mon post-doc qui m’ont permis quelques années plus tard de monter le projet européen CLIMB.
– Est-ce que le projet européen peut avoir une influence sur la manière de faire de la recherche dans le laboratoire ?
Cela permet d’apprendre à travailler à distance et d’être confronté à plusieurs cultures d’organisation du travail. Aussi, le nombre de partenaires oblige à se tenir à un calendrier précis.
- Qu’est-ce que cela vous apporte, professionnellement et personnellement, d’être impliqué dans un projet européen ?
Très sincèrement, étant « tombée dedans depuis toute petite » comme dirait Obélix, la réponse ne serait certainement pas assez objective. Toutefois, il est certain que ce type de projet permet de se positionner par rapport à la recherche internationale sur les thématiques abordées, de savoir qui contacter quand des questions scientifiques se posent et de dégager des moyens pour avancer dans le travail et ce indépendamment des possibilités locales souvent très axées sur les pôles de compétitivité. Toutefois, le montage et la gestion prennent énormément de temps et demandent non seulement d’être réactif mais aussi d’être très disponible pour les mobilités que cela implique.
– Avez-vous des recommandations ou des remarques à donner aux chercheurs souhaitant répondre aux prochains appels à projets européens ?
Il faut oser se lancer ! Pas besoin d’être bilingue ou d’être issu d’un « gros » laboratoire. Il faut juste être en mesure de décrire précisément ce que vous allez apporter au projet et d’en définir le coût associé. Pour cela, les cellules Europe et le travail des chargés de mission et indispensable, tout comme l’allocation par l’Université d’un budget « missions » pour permettre les déplacements lors du montage du projet. Si vous n’êtes pas là pour le montage, il est très difficile de contribuer significativement à la répartition des tâches et surtout de comprendre la mécanique du montage.
– Ce projet européen vous a-t-il donné de nouvelles opportunités de recherche ?
Ce projet a commencé en 2010 pour une durée de 4 ans. Il est encore trop tôt pour faire un bilan. Toutefois, à mi-parcours, les résultats sont encourageants et prometteurs. Le challenge reste de dépasser les résultats par équipe pour faire émerger la valeur ajoutée du travail des nombreux partenaires. Il ne faut aussi pas oublier de prendre le temps de valoriser les résultats avant de se lancer dans de nouveaux projets car les appels à projets ne permettent pas toujours de donner des suites au projet initié.

Wahid Mellouki est chercheur au à l'Institut de Combustion Aérothermique Réactivité et Environnement (ICARE UPR CNRS Orléans). Il étudie la chimie atmosphérique. Il nous livre son expérience lors de la participation à un projet européen IRSES en coopération avec la Chine.
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Michek Dudeck est chercheur au à l'Institut de Combustion Aérothermique Réactivité et Environnement (ICARE UPR CNRS Orléans). Il étudie la propulsion électrique appliquée à l'espace. Il nous livre son expérience lors de la participation à un projet européen COOPERATION.
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Thierry Dudok De Wit est chercheur au LPC2E (Laboratoire de Physique et Chimie de l’Environnement et de l’Espace )à Orléans. Il étudie la météorologie de l’espace et le lien présumé entre soleil et réchauffement climatique et nous livre son expérience lors de la participation à un projet européen COST.
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